L'Albarine, source d'énergie Par Pierre Sceauvy Article paru dans Le Progrès de L'Ain du 28 juillet 1997 Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur | |
| L'Albarine, stade paradisiaque pour les pêcheurs à la truite, est également source d'énergie grâce à ses usines hydroélectriques autonomes. De Chaley à Tenay, quatre mini-centrales exploitent cette énergie naturelle. En France, 10 % de l'énergie électrique proviennent des usines hydroélectriques autonomes. EDF, qui a la gestion de l'énergie, achète cette dernière à ces centrales privées d'après un barème de prix bien défini. A savoir que les propriétaires de ces usines ont environ cinq mois pour réaliser leur chiffre d'affaires de l'année. Du 1er novembre au 5 mars, EDF achète au prix fort (environ trois fois plus) l'énergie que le restant de l'année. Les usines hydroélectriques ont fait leur apparition sur l'Albarine vers 1894. Jusqu'en 1950, ces mini-centrales fourniront la force aux usines de la vallée (Tenay, Argis, Saint-Rambert-en-Bugey). La fermeture des usines dans la vallée mit un frein à l'exploitation en force motrice. En un mot, EDF ne pouvait être que le seul acheteur de cette énergie naturelle. Productrices d'énergie électrique, ces mini-centrales assurent également une certaine sécurité en cas de crue. Actuellement, le débit de l'Albarine est de 4 m3/seconde, alors que le débit moyen annuel est de 7 à 8 m3/seconde. Profitant de cette baisse de débit, la Société Française des Foyers Economiques (SFFE), propriétaire de deux unités électriques sur la rivière, entreprend des travaux d'entretien. C'est ainsi que les vannes d'un barrage, en bois d'époque, sont remplacées par des clapets métalliques à vérins. « En 1990, la crue du siècle nous avait offert un débit de 180 m3/seconde. On pouvait se poser la question sur la résistance du barrage. Il faut croire que les anciens savaient travailler, le barrage avait tenu son rôle. Tous les dix ans, nous devons vérifier les installations. La DDE (service des barrages) et la police des eaux sont draconiennes. Notre type de barrage doit résister à un débit de 270 m3/seconde ».Christian Clerget, conducteur de travaux, responsable de l'entretien des usines hydroélectriques de la SFFE, chaudronnier de métier, avoue avoir de la passion pour ces mini-centrales. Et cela se voit. Quand vous pénétrez dans la salle des machines (toutes automatisées), c'est "nickel chrome". L'usine du haut est équipée de 2 turbines (1 Francis et 1 Caplan). A elles deux, elles produisent une puissance totale de 120 kW/heure. L'usine du bas, plus importante, est équipée de 4 turbines (3 Francis et 1 Caplan), la production étant plus élevée : 700 kW/heure. Mais l'usine hydroélectrique la plus importante sur ce secteur de l'Albarine est située en amont du pont de la Violette, sur la commune de Chaley. Elle est équipée de doubles turbines Francis, assurant 15 m3/seconde. Son propriétaire, Marc Triol, a entrepris cette année de grands travaux de mise en conformité. Une autre usine a pignon sur l'Albarine, celle de M. Choinard. De Chaley à Tenay, quatre usines hydroélectriques attendent les eaux jetées par la cascade de la Charabotte pour faire tourner leurs turbines et produire cette énergie si importante de nos jours. z | |